Schéma Directeur d’Aménagement Numérique du Territoire (SDAN), quel projet pour la Loire ?
Interview de Georges Ziegler, Vice-Président du Conseil général de la Loire
1/ Quelle est votre vision de l’impact du réseau LOTIM ?
Je me félicite de ce partenariat avec Axione dans le cadre de la Délégation de Service Public LOTIM Télécom qui a permis de faire évoluer la Cyberloire dans le bon sens. On constate d’ailleurs dans l’observatoire des TIC en Rhône-Alpes qu’au niveau des PME / PMI - qui représentent l’essentiel de notre tissu économique - nous sommes dans la Loire dans le peloton de tête concernant la diffusion des TIC (Baromêtre mars 2010 de la société de l’information en Rhône-Alpes).
D’excellents partenariats se sont noués entre LOTIM et les acteurs du département, comme Télécom Saint-Etienne par exemple. Grâce au réseau LOTIM, nous faisons partie des territoires qui ont pris une longueur d’avance. Avec le SDAN, nous souhaitons aller plus loin et conserver cette avance.
2/ Pourquoi le Conseil général élabore t-il un SDAN ? Le FTTH vous paraît-il incontournable ?
Nous nous rendons compte qu’il y a une exigence de plus en plus forte de la part de nos concitoyens pour disposer d’un débit suffisant afin d’accéder aux services et usages qui se développent de plus en plus via internet et les nouvelles technologies.
Le FTTH est une évolution incontournable. Nous devons donc mener une réflexion sur la meilleure façon de mutualiser ce qui existe au coût le plus faible possible pour apporter un service de qualité à la totalité des foyers ligériens. Je dis bien 100 % de la population, même si pour environ 4 à 5 %, il sera nécessaire d’utiliser des technologies alternatives à la fibre. Nous sommes investis d’une mission de service public ; nous ne pouvons donc pas nous permettre de viser 95 % du territoire en abandonnant les foyers situés dans des zones les plus rurales. C’est comme si nous demandions à certains foyers de continuer à s’éclairer à la bougie alors que les autres bénéficient de l’électricité. N’ajoutons pas une nouvelle fracture à toutes celles qui existent déjà...
De plus en plus de services sont ou seront dématérialisés. Evoluer vers le FTTH est indispensable. Nous devons aller vers un raccordement FTTH qui se fera à terme systématiquement pour toute habitation, au même titre qu’un raccordement au réseau d’eau ou d’électricité. Ce n’est pas du tout un gadget. C’est une évolution culturelle. D’ailleurs, bientôt, tous les acteurs majeurs de la vie quotidienne comme EDF, GDF, vont poser des compteurs intelligents qui devront être un jour ou l’autre de toute façon connectés.
3/ Qu’attendez-vous du SDAN ?
Nous ne voulons pas jouer sur l’opposition ruralité / ville. Les récentes prévisions de déploiement des opérateurs sur la Loire ne peuvent en l’état nous satisfaire. Nous attendons donc un diagnostic qui nous permette de trouver la meilleure formule pour atteindre notre objectif. A travers le SDAN, nous souhaitons que tous les acteurs se mettent autour de la table avec le Conseil général pour travailler ensemble dans un rapport ‘gagnant / gagnant’, avec le Syndicat Intercommunal d’Energies de la Loire, notre partenaire naturel dans ce projet, mais aussi avec les grands opérateurs nationaux. Nous étudions tout ce qu’il est possible de faire tant sur le plan économique que juridique. ».
Notre projet de SDAN prévoit un raccordement de 405 000 prises avec un réseau de desserte de 17 000 km composé d’infrastructures existantes et notamment du réseau LOTIM (500 km), des réseaux du SIEL, de ceux des opérateurs et bien entendu des travaux de génie civil. 600 millions d’euros seront nécessaires pour aménager tout le département. De gros investissements seront prévus les 5 premières années, mais c’est avant tout un projet sur le long terme, à 20 ans environ. J’insiste sur le fait que ce projet constitue un investissement pour l’avenir et non une dépense. C’est grâce aux retours sur investissements que nous pourrons aller jusqu’au bout du projet. Il faut donc trouver le juste équilibre, notamment sur le plan financier, pour aménager tout le territoire. C’est trouver la formule de cette délicate équation que nous attendons du SDAN.
Par ailleurs, nous ne voulons pas travailler tout seul dans notre coin. Nous nous positionnons à l’échelle régionale, dans une logique de stratégie de cohérence territoriale. Le Conseil général tient beaucoup à conserver ce rôle de charnière entre la région Rhône-Alpes et le massif central.
5/ Comment s’articulent SDAN et plan national du THD ?
Je suis opposé à un aménagement a minima. 100% de couverture en très haut-débit dans la Loire, c’est un vrai choix politique. Le plan national du THD doit nous permettre un retour sur investissement.
Le monde est en train de changer. On le voit notamment dans la place que les réseaux sociaux ont occupé dans les révolutions des pays du monde arabe. On ne vivra plus dans 20 ans comme on vit aujourd’hui. Nous entrons de plain pied dans le 21ème siècle. Nos territoires doivent donc se positionner pour être des acteurs de ce changement, et non pas le subir, afin d’être en capacité de maîtriser et d’assurer leur développement. La généralisation de la fibre optique est un enjeu d’avenir pour nos territoires ruraux et urbains.
Parue le 25/10/2011
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